NEW fête ses 13 ans : pourquoi Paul McCartney a gardé ses quatre producteurs


14 octobre 2026

Paul McCartney célèbre aujourd’hui les 13 ans de NEW, son premier album solo de chansons originales après six années d’attente. Commencé comme une série d’essais avec plusieurs jeunes producteurs, le disque a finalement conservé quatre directions différentes, de Mark Ronson à Giles Martin.

Paul McCartney pensait d’abord choisir. Il allait rencontrer plusieurs producteurs, tester leur manière de travailler, puis poursuivre l’aventure avec un ou deux d’entre eux. Mais les séances préparatoires ont changé le scénario : Paul Epworth, Ethan Johns, Giles Martin et Mark Ronson ont chacun proposé une approche suffisamment distincte pour rester dans le projet. Au lieu d’un album placé sous une autorité unique, NEW est ainsi devenu une expérience collective à quatre producteurs.

Des essais transformés en méthode de travail

« The original idea was to go to a couple of producers », expliquait McCartney à propos de son plan initial. Cette idée relativement simple — essayer quelques collaborations avant de trancher — débouche finalement sur une décision moins conventionnelle : ne sacrifier aucune des quatre pistes explorées. McCartney conserve les résultats obtenus avec Epworth, Johns, Martin et Ronson, précisément parce que chaque association conduit le disque dans une direction différente.

Cette organisation distingue NEW dans sa discographie. Seizième album studio de McCartney, il arrive six ans après son précédent disque solo composé de chansons originales. Plutôt que de revenir avec une équipe resserrée autour d’une formule préétablie, le musicien répartit donc la fabrication entre plusieurs interlocuteurs. Giles Martin ne produit pas seulement différents morceaux : il supervise également l’ensemble avec McCartney en qualité de producteur exécutif.

Mark Ronson prend notamment en charge Alligator et la chanson-titre, NEW. La présence de ces deux morceaux dans son périmètre montre que les producteurs ne sont pas cantonnés à une intervention périphérique : chacun participe directement à l’identité de titres précis. Alligator et l’album figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.

Cinq mois de studio étalés sur dix-huit mois

La pluralité des producteurs entraîne aussi une géographie éclatée. Les séances passent par six lieux : Henson Recording Studios à Los Angeles, Avatar Studios à New York, Abbey Road, Air Studios et Wolf Tone Studios à Londres, ainsi que Hog Hill Mill, le studio de McCartney dans le Sussex. Le disque se construit donc moins comme une longue résidence dans un seul studio que comme une succession de périodes de travail auprès de différentes équipes.

Au total, l’enregistrement représente environ cinq mois d’activité répartis sur dix-huit mois. Ce décalage entre le temps réellement passé à enregistrer et l’étendue du calendrier raconte la méthode de NEW : des sessions menées dans plusieurs villes, auprès de quatre producteurs, puis réunies dans un même album. La diversité relevée lors de la réception critique découle directement de ce choix de ne pas uniformiser le projet autour d’un seul collaborateur.

Le dispositif reste pourtant placé sous la conduite de McCartney. Il ne délègue pas un album entier à quatre producteurs réunis dans la même pièce : il travaille avec eux sur des morceaux distincts, dans leurs studios ou dans des lieux associés au projet, avant de rassembler ces expériences. Le titre NEW prend ainsi place au centre d’un disque dont la fabrication repose effectivement sur de nouvelles associations pour son auteur.

Early Days, avant que l’histoire ne devienne un mythe

Au milieu de cette production partagée, Early Days ramène McCartney à une période bien antérieure aux Beatles. La chanson évoque les années où lui et John Lennon se fréquentaient à Liverpool avant la célébrité. Elle ne se contente pas d’ajouter un souvenir à la biographie du groupe : elle revient sur une amitié dont le récit privé a progressivement été absorbé par une histoire publique devenue légendaire.

Pitchfork a particulièrement retenu ce morceau dans sa critique de l’album, en soulignant la tension entre le souvenir personnel de McCartney et la transformation de la relation Lennon-McCartney en mythe collectif. Early Days apporte ainsi un contrepoint précis au principe de fabrication de NEW : tandis que l’album cherche de nouveaux interlocuteurs en studio, McCartney reprend lui-même la parole sur ses tout premiers jours avec Lennon.

La trajectoire commerciale accompagne favorablement ce retour : NEW atteint la troisième place du classement britannique des albums. Mais son histoire la plus révélatrice reste celle de sa naissance. McCartney devait comparer plusieurs producteurs et en retenir quelques-uns ; il a préféré conserver les quatre expériences, faisant d’une phase d’essais le principe même du disque.

Sources et pour aller plus loin

Le site officiel de Paul McCartney revient sur le choix des quatre producteurs et les différents lieux d’enregistrement de NEW, avec les explications directes du musicien. La critique publiée par Pitchfork développe notamment la place d’Early Days et la manière dont les différentes collaborations structurent l’album.

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