10 octobre 2026
Richard Ashcroft célèbre aujourd’hui le premier anniversaire de Lovin’ You, paru le 10 octobre 2025. Au cœur du disque, un ancien loop de Joan Armatrading, un riff emprunté à Mason Williams et une production aventureuse racontent un album bâti sur la transformation de références assumées.
Tout commence avec un fragment musical conservé depuis longtemps. Richard Ashcroft possède un ancien loop tiré de Love and Affection, chanson de Joan Armatrading. Ce matériau ne reste pas une simple citation nostalgique : retravaillé par John Leckie, il devient le point de départ de Lover et déclenche, selon Ashcroft, une chaîne d’inspirations. Le morceau se développe pendant environ deux ans avant de trouver sa forme sur Lovin’ You.
Cette longue maturation donne immédiatement une clé du disque. Ashcroft ne dissimule pas ses emprunts et ne les traite pas comme de simples ornements. Il s’appuie sur des enregistrements antérieurs pour construire de nouvelles chansons, en faisant dialoguer son écriture avec des œuvres déjà chargées de leur propre histoire. Dans le cas de Lover, l’approbation vient directement de Joan Armatrading : « I love how he’s used my song and I love his song. » Une réaction qui valide publiquement la manière dont son œuvre a été intégrée à celle d’Ashcroft.
De Joan Armatrading à Mason Williams
Le procédé ne s’arrête pas à Lover. Pour le morceau-titre, Richard Ashcroft incorpore un enregistrement du riff de guitare de Classical Gas, composition instrumentale de Mason Williams. Là encore, la référence est pleinement assumée. Après avoir entendu la nouvelle chanson, Williams s’est montré ravi de l’utilisation de son riff.
Ces deux emprunts racontent une démarche cohérente sans être identiques. Lover naît d’un loop ancien, repris et développé sur une période particulièrement longue. Lovin’ You, de son côté, inscrit dans une nouvelle chanson une figure de guitare immédiatement identifiable. Dans les deux cas, Ashcroft ne se contente pas de signaler ses influences : il les place au cœur même de la fabrication des morceaux.
Le choix est d’autant plus significatif qu’il concerne la chanson qui donne son nom à l’album. Classical Gas n’est donc pas relégué à un détail discret de production. Son riff participe directement à l’identité du titre central, tandis que l’accord de Mason Williams prolonge le dialogue entre les différentes générations d’auteurs réunies par le disque.
Heavy News, le versant le plus audacieux
Lovin’ You ne repose pourtant pas uniquement sur la réutilisation de références musicales. Coproduit par Richard Ashcroft, Chris Potter et Emre Ramazanoglu, l’album comprend aussi Heavy News, identifié par la critique comme l’un de ses morceaux les plus lourds et les plus audacieux. Sa production fait apparaître et disparaître différentes couches sonores autour de la voix, créant un mouvement permanent dans l’arrangement.
Ce travail distingue Heavy News des deux chansons fondées sur des emprunts clairement identifiés. Ici, l’intérêt vient de la construction en studio et de la manière dont les éléments de production entourent le chant d’Ashcroft. Le morceau montre ainsi un autre aspect du projet : à côté de la mémoire musicale convoquée par Lover et Lovin’ You, l’album peut également avancer par superposition, retrait et transformation des textures sonores.
Heavy News et l’album figurent aussi dans la programmation de RADIO COLLECTION. Ce titre permet de mesurer combien le disque ne se limite pas à son jeu de références : celles-ci constituent un point de départ, tandis que la production cherche également ses propres contrastes.
Une première place dans les ventes britanniques
Cette démarche a rencontré un résultat commercial précis au Royaume-Uni. Lovin’ You a atteint la première place de l’Official Albums Sales Chart, classement consacré aux ventes d’albums, et y est resté présent pendant six semaines. Ce numéro un ne doit pas être confondu avec une première place dans le classement général britannique, mais il constitue une conséquence notable pour le disque.
Un an après sa parution, l’histoire de Lovin’ You tient ainsi dans la circulation de quelques motifs musicaux. Un loop de Joan Armatrading traverse deux années de travail pour devenir Lover. Le riff de Classical Gas passe de Mason Williams à la chanson-titre. Puis Heavy News déplace l’attention vers les couches d’une production mouvante. Trois morceaux, trois méthodes, et une même volonté de faire d’éléments préexistants ou transformés la matière active d’un nouvel album.
Sources et pour aller plus loin
L’interview de Richard Ashcroft publiée par The Independent revient sur la genèse du loop de Love and Affection, le travail de John Leckie et les deux années de développement de Lover.
La présentation officielle de Lovin’ You détaille les emprunts à Joan Armatrading et Mason Williams, ainsi que leurs réactions aux nouvelles chansons.
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