Sticky Fingers : les 10 ans de Westway, l’album né au bord de la rupture


30 septembre 2026

Sticky Fingers célèbre aujourd’hui les 10 ans de Westway (The Glitter & The Slums), troisième album studio façonné après une période de tournées épuisantes et de fortes tensions internes. Parti en Thaïlande avec son producteur Dann Hume, le groupe australien y a transformé une « working holiday » en un disque plus direct, traversé par les ruptures et les hauts et les bas de sa propre histoire.

Au début de 2016, Sticky Fingers arrive à un point critique. La fatigue accumulée sur la route pèse sur les membres du groupe, les relations se tendent et la possibilité d’une séparation devient réelle. C’est dans ce contexte que prend forme Westway (The Glitter & The Slums) : non comme une simple étape discographique, mais comme un projet mené par des musiciens qui doivent retrouver une manière de travailler ensemble.

Le groupe quitte alors l’Australie pour Bang Saray, en Thaïlande. Le séjour est envisagé comme une « working holiday », une parenthèse permettant à la fois de s’éloigner de la pression des tournées et d’enregistrer. Sticky Fingers s’installe principalement pendant environ un mois aux Karma Sound Studios. Ce déplacement offre au groupe un cadre distinct de son quotidien, mais l’objectif reste concret : achever un troisième album et donner une forme commune à des chansons nées pendant une période difficile.

Un producteur qui connaissait déjà les tensions du groupe

Pour conduire les séances, Sticky Fingers rappelle Dann Hume, déjà aux commandes de Land of Pleasure. Ce choix repose sur une relation de confiance et sur sa connaissance intime du fonctionnement du groupe. Dans une période aussi instable, il n’est pas seulement un technicien extérieur : il sait comment les membres travaillent ensemble et connaît les dynamiques qui peuvent compliquer leur progression.

Sticky Fingers souhaite toutefois s’éloigner de la fabrication de l’album précédent. Le mot d’ordre est de réduire la production et de privilégier une approche plus organique, plus proche de l’énergie du groupe en concert. Les morceaux doivent pouvoir être directement transposés sur scène, sans dépendre d’un empilement d’éléments de studio impossibles à reproduire devant le public.

Cette décision donne aux séances thaïlandaises une direction claire. Plutôt que de masquer les fragilités du moment derrière une production abondante, le groupe cherche une forme plus immédiate. Cette recherche n’efface pas son envie d’expérimenter : lors de la sortie, Tone Deaf souligne notamment le travail réalisé sur le morceau-titre et présente Westway comme le meilleur disque de Sticky Fingers à ce stade de sa carrière.

« The Glitter & The Slums », les deux visages d’une même période

Le titre de l’album résume les contrastes traversés par Sticky Fingers. Pour Paddy Cornwall, Westway (The Glitter & The Slums) représente les hauts et les bas de la vie du groupe : l’éclat et les moments plus sombres, réunis dans une même formule. Le choix du titre complet matérialise ainsi les contradictions qui accompagnent la conception du disque.

Le groupe conserve néanmoins une certaine souplesse dans son emploi. Westway peut être utilisé seul, tandis que The Glitter & The Slums demeure entre parenthèses. Cette construction permet de choisir entre une forme courte et une appellation plus développée, celle qui exprime explicitement la dualité revendiquée par Paddy Cornwall.

Cette opposition se retrouve dans l’écriture du disque. Les paroles puisent dans une période marquée par les difficultés du groupe et les ruptures amoureuses, alors que les arrangements peuvent rester lumineux ou entraînants. La noirceur ne commande donc pas systématiquement la forme musicale : Sticky Fingers fait cohabiter des textes plus personnels avec des morceaux qui conservent leur élan.

« Angel », une rupture devenue chanson

« Angel » est l’exemple le plus précis de cette évolution. Seamus Coyle présente la chanson comme le récit d’une rupture avec une petite amie. Elle témoigne du mouvement de Sticky Fingers vers des ballades et des textes plus personnels, au cœur d’un album où les expériences vécues occupent davantage de place.

La chanson permet aussi de mesurer le contraste recherché sur Westway. Un sujet sentimental douloureux peut être porté par un habillage plus lumineux, sans que le groupe tente d’uniformiser le ton du disque. Les tensions ne sont pas racontées sur un seul registre : elles passent par les paroles, mais aussi par l’écart entre leur contenu et l’impulsion des arrangements.

À sa parution, le 30 septembre 2016, Westway (The Glitter & The Slums) apparaît ainsi comme le résultat tangible d’un mois de travail mené alors que Sticky Fingers sortait d’une phase particulièrement fragile. Dix ans plus tard, le disque et le groupe figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.

Son titre reste la formule la plus nette pour raconter sa naissance : d’un côté, l’éclat d’un groupe poursuivant son parcours ; de l’autre, les tensions, la fatigue et les séparations qui nourrissent les chansons. Entre ces deux pôles, Sticky Fingers a choisi de resserrer sa production, de jouer plus directement et de faire de cette période instable la matière de son troisième album.

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