25 septembre 2026
Zucchero fête ses 71 ans ce 25 septembre. Avant de porter le blues italien sur les scènes internationales, Adelmo Fornaciari a quitté des études vétérinaires presque achevées pour repartir de zéro, former ses premiers groupes et construire une musique au croisement de la soul, du rock, du gospel et du R&B.
Il aurait pu devenir vétérinaire. Alors qu’il approchait de la fin de ses études, Adelmo Fornaciari a pourtant choisi une route autrement incertaine : celle de la musique. Le futur Zucchero abandonne ce parcours déjà bien engagé, commence une carrière artistique et exerce différents emplois pour vivre. Cette bifurcation tardive résume une part essentielle de sa trajectoire : rien ne semblait acquis, mais le langage musical qu’il cherchait était déjà en train de prendre forme.
Né le 25 septembre 1955 à Roncocesi, dans la province de Reggio Emilia, en Émilie-Romagne, il ne s’est pas lui-même inventé le nom qui allait l’accompagner sur les disques et les affiches. « Zucchero », le mot italien pour « sucre », était un surnom donné par un instituteur pendant son enfance. Devenu nom de scène, il a progressivement éclipsé Adelmo sans jamais disparaître complètement de son identité professionnelle : Zucchero Sugar Fornaciari conserve ainsi un lien visible entre l’homme et le personnage public.
Des groupes de R&B avant le grand saut
La musique s’installe d’abord dans un cadre local. Après son installation à Forte dei Marmi, Zucchero forme entre 1970 et 1978 plusieurs groupes de R&B : Le Nuove Luci, Sugar & Daniel et Sugar & Candies. Ces formations précèdent sa carrière solo et révèlent déjà son attirance pour des répertoires venus du blues et de la soul, bien avant que ce mélange ne devienne sa signature.
Sa singularité tiendra précisément à ce refus de choisir un genre unique. Chez lui, le blues rencontre la soul, le rock, le gospel et le R&B, dans une écriture liée à la chanson italienne. Cette combinaison l’impose au cours des années 1980 comme l’un des principaux représentants du blues italien. Elle lui permet aussi de dialoguer avec des musiciens issus d’univers différents, sans enfermer son travail dans une seule tradition.
La percée ne repose donc pas seulement sur une voix ou sur une série de chansons populaires. Elle vient aussi de cette capacité à faire circuler plusieurs vocabulaires musicaux dans un même répertoire. Les albums de Zucchero se construisent durablement autour de collaborations avec des auteurs, interprètes et instrumentistes du rock, de la soul et de la pop. Ses titres figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.
Oro, Incenso & Birra, le disque du basculement
En 1989, Oro, Incenso & Birra marque un tournant majeur. L’album dépasse les huit millions d’exemplaires vendus et accompagne le passage d’une réussite italienne à une reconnaissance beaucoup plus large. Il cristallise surtout ce que Zucchero a patiemment assemblé : des racines blues, une ampleur soul et gospel, une énergie rock et un sens de la chanson capable de franchir les frontières linguistiques.
Senza una donna devient l’un des exemples les plus nets de cette ouverture internationale. Publiée en 1989, la chanson gagne encore en visibilité grâce à sa version en duo avec Paul Young, connue sous le titre Without a Woman. Cette nouvelle forme contribue à sa diffusion hors d’Italie et installe durablement le morceau parmi les titres les plus identifiés à Zucchero.
D’autres chansons complètent ce répertoire, notamment Diamante, Il Volo et Baila (Sexy Thing). Avec Miserere, la collaboration prend une dimension particulièrement visible grâce à la présence de Luciano Pavarotti. Chez Zucchero, le duo n’apparaît pas comme un simple exercice ponctuel : il devient une manière récurrente de confronter sa musique à d’autres voix et à d’autres traditions.
La liste de ses partenaires illustre l’étendue de ce dialogue. Eric Clapton, Miles Davis, Sting, Ray Charles, B.B. King, Jeff Beck, Andrea Bocelli, Bono ou encore Elvis Costello ont collaboré avec lui selon les périodes et les projets. Ces rencontres relient son travail au blues, au rock, à la soul, à la pop et au chant lyrique, sans effacer l’identité italienne de ses chansons.
De Londres à un nouveau projet annoncé
En 1992, sa participation au Freddie Mercury Tribute Concert for AIDS Awareness, à Londres, rend cette place internationale particulièrement concrète. Zucchero y joue au milieu de nombreux artistes venus de la scène pop-rock mondiale. Trois ans après le succès d’Oro, Incenso & Birra, cette apparition confirme que sa carrière ne se limite plus au marché italien.
Son rayonnement se mesure également à ses ventes mondiales, même si les estimations diffèrent : elles se situent au-delà de 50 millions de disques, certaines évaluations dépassant 60 millions. Plus significative encore est la continuité de son parcours, construit depuis les premiers groupes de Forte dei Marmi jusqu’aux collaborations avec quelques-unes des grandes voix et figures instrumentales de son époque.
À 71 ans, Zucchero n’inscrit pas son anniversaire dans une carrière refermée. Un projet intitulé Respecto, présenté comme un « Original Studio Master », est disponible en précommande et annoncé pour le 2 octobre 2026. Cette échéance prolonge concrètement l’histoire commencée sous un surnom d’écolier, poursuivie dans des groupes de R&B, puis transformée par une décision radicale : quitter la voie vétérinaire pour choisir la musique.
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