Double Dutchess a 9 ans : Fergie avait transformé son retour solo en histoire de famille


22 septembre 2026

Onze ans après son premier album solo, Fergie revenait avec Double Dutchess, un projet conçu comme une expérience visuelle et nourri par une période profondément personnelle. L’album fête aujourd’hui ses 9 ans, avec au cœur de son histoire un studio domestique, une autonomie nouvelle et la voix inattendue de son fils Axl.

Tout commence par une imitation d’enfant. Après avoir entendu sa mère chanter en français, Axl Jack reprend certaines de ses phrases. Fergie enregistre sa voix et décide de la conserver dans le mix final d’Enchanté (Carine). Ce moment familial devient ainsi un élément à part entière de Double Dutchess, deuxième album solo d’une artiste qui a choisi de ne pas séparer complètement création, maternité et vie quotidienne.

Lorsque le disque paraît en 2017, onze années se sont écoulées depuis The Dutchess. Cette longue attente n’est pas simplement celle d’un retour discographique repoussé. Fergie explique avoir donné la priorité à son fils pendant plusieurs années et avoir voulu avancer à son propre rythme. Le temps pris pour achever l’album reflète donc une organisation nouvelle, dans laquelle la musique devait trouver sa place autour de sa vie familiale.

Un studio installé au cœur de la maison

Une partie importante du travail s’effectue dans le studio installé chez Fergie, à Los Angeles. Cette proximité lui permet de poursuivre le projet sans s’éloigner de son quotidien de mère. Elle contribue aussi à relier directement l’album à ce qu’elle traverse alors sur le plan personnel. La chanteuse résume cette démarche par une phrase simple : « I really opened my heart », soit « J’ai vraiment ouvert mon cœur ».

Double Dutchess est ainsi présenté comme un exutoire, voire une forme de thérapie, au cours d’une période personnelle tumultueuse. Fergie ne conçoit pas ce retour comme une répétition de son premier album. Elle construit un disque plus ouvertement autobiographique, dans lequel le cadre de fabrication et les événements de sa vie ne restent pas à la porte du studio.

L’histoire d’Enchanté (Carine) en fournit l’exemple le plus concret. La présence d’Axl n’est pas celle d’un invité prévu au terme d’une stratégie de collaboration : elle naît d’une scène domestique, captée par sa mère puis intégrée à la chanson. La voix de l’enfant inscrit directement la maternité dans l’enregistrement, sans passer par un récit extérieur au disque.

Onze ans d’attente, mais un rythme choisi

La gestation prolongée de Double Dutchess accompagne également une autonomie accrue. L’album paraît par l’intermédiaire de Dutchess Music, la structure de Fergie, en partenariat avec BMG. Ici, le cadre de publication a une conséquence directe sur l’histoire du projet : la chanteuse dispose d’une organisation lui permettant de mener ce retour selon son propre calendrier, après avoir consacré plusieurs années à son fils.

Cette indépendance ne signifie pas qu’elle travaille seule. La production se répartit entre plusieurs collaborateurs, parmi lesquels will.i.am, DJ Mustard, Polow da Don et Toby Gad. Nicki Minaj, Rick Ross et YG participent également à l’album. Plutôt que de confier l’ensemble à une seule équipe, Fergie réunit donc différents producteurs et invités autour de ce projet élaboré sur la durée.

Save It Til Morning illustre cette méthode de collaboration. La chanson est coécrite par Fergie et Toby Gad, qui prend aussi en charge sa programmation, son ingénierie, sa production et son mixage. Venus Brown et Fergie interviennent comme producteurs additionnels. Cette concentration de responsabilités autour d’un même titre montre la place importante accordée au travail de studio dans la construction du morceau.

Des chansons pensées avec leurs images

Fergie ne limite pas Double Dutchess à sa seule dimension sonore. Elle accompagne les chansons de vidéos conçues pour former une œuvre longue, plutôt que de présenter une simple succession de clips indépendants. Le dispositif visuel devient l’un des principes structurants de l’album et donne à ce retour une forme différente de celle d’une publication solo traditionnelle.

Ce choix permet aussi de réunir les différentes facettes du projet : les collaborations, la matière autobiographique et les scènes issues de la vie familiale s’inscrivent dans un ensemble pensé au-delà de la seule liste des titres. Après onze années sans nouvel album solo, Fergie revient donc avec un disque prolongé par l’image, construit progressivement et publié sous une structure qui lui donne davantage de contrôle.

Double Dutchess et Fergie figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION. Neuf ans après sa parution, l’album conserve surtout la trace très concrète de sa fabrication : celle d’une artiste travaillant chez elle, à son rythme, jusqu’à faire entrer dans une chanson la voix de son propre fils.

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