30 juillet 2026
Publié le 30 juillet 2002 par Columbia Records, The Rising célèbre son 24e anniversaire en 2026. Pour son douzième album studio, Bruce Springsteen retrouve le E Street Band et confie la production à Brendan O’Brien. Écrit dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001, ce disque consacré à la perte, au deuil et à la reconstruction ouvre un nouveau chapitre dans sa carrière :
Le 30 juillet 2002, Bruce Springsteen rompt un long silence discographique avec The Rising. Sept années se sont écoulées depuis The Ghost of Tom Joad, son précédent album studio de chansons originales. Ce retour prend aussi une dimension collective : pour la première fois depuis dix-huit ans, le chanteur enregistre de nouveau un album studio avec le E Street Band.
The Rising ne se résume pourtant pas à des retrouvailles attendues. Le projet se construit dans une Amérique profondément marquée par les attentats du 11 septembre 2001. Springsteen choisit de placer cette expérience au centre de son écriture, en faisant entendre des survivants, des proches de victimes et plusieurs voix imaginaires. Le deuil et la colère y côtoient la résilience et l’espoir.
Vingt-quatre ans après sa publication, l’histoire de l’album reste ainsi liée à deux mouvements parallèles : la réponse d’un auteur à un traumatisme collectif et la reconstitution en studio d’un groupe qui avait déjà retrouvé la scène.
Le E Street Band, de la réunion scénique au retour en studio
Le rapprochement entre Bruce Springsteen et le E Street Band précède la conception de The Rising. Dès 1999, la formation est officiellement réunie et entreprend d’importantes tournées. Cette reprise du travail collectif prépare progressivement la possibilité d’un nouvel album.
En 2001, Live in New York City rend compte de cette réunion sur scène. Le groupe est donc redevenu une unité active lorsque le projet de The Rising prend forme. Le passage au studio demeure néanmoins significatif : cela faisait dix-huit ans qu’un album de Springsteen n’avait pas été enregistré avec le E Street Band.
Cette double attente donne au disque une place particulière dans sa trajectoire. Il s’agit à la fois du premier ensemble de nouvelles chansons depuis sept ans et de la première réalisation studio issue de retrouvailles amorcées plusieurs années auparavant. Le contexte du 11 septembre va donner à ce retour une direction précise.
« We need you », la phrase qui oriente le projet
Quelques jours après les attentats, un inconnu interpelle Bruce Springsteen depuis une voiture. Il lui lance simplement : « We need you ». Springsteen présentera cette rencontre comme un déclencheur de sa réflexion sur son rôle et sur la forme que pourrait prendre sa réponse artistique à la tragédie.
Cette interpellation ne fournit pas seulement un contexte au futur album. Elle contribue à préciser son sujet. The Rising se développe autour de la perte, de la colère et de la reconstruction qui traversent alors la société américaine. Springsteen ne choisit pas un seul point de vue : ses chansons passent par des récits de survivants, de proches endeuillés ou de personnages imaginés.
L’album prend ainsi la forme d’un ensemble de perspectives plutôt que d’un récit chronologique des événements. Son titre, The Rising, inscrit la reconstruction et l’espoir au sein d’un disque qui ne contourne pas le deuil. La chanson-titre en devient l’un des principaux points d’appui, aux côtés de Lonesome Day, Waitin’ on a Sunny Day et My City of Ruins.
Trois mois à Atlanta avec Brendan O’Brien
Pour transformer ces chansons en album, Bruce Springsteen travaille avec le producteur Brendan O’Brien. Les séances se déroulent au Southern Tracks Recording Studio d’Atlanta, entre janvier et mars 2002. Le calendrier est resserré : l’enregistrement est réalisé en quelques mois, avant une publication prévue pour l’été.
La collaboration avec O’Brien accompagne une évolution de la production. The Rising adopte un son plus contemporain tout en maintenant l’ancrage rock associé à Springsteen et au E Street Band. Ce choix permet de ne pas traiter les retrouvailles comme une simple reprise des méthodes du passé.
Le groupe retrouve donc le studio dans un cadre différent de ses précédentes collaborations. Les tournées engagées depuis 1999 avaient rétabli la cohésion scénique ; les séances d’Atlanta doivent désormais donner une forme enregistrée à ce retour. La rapidité du travail contraste avec les longues périodes séparant les albums concernés : sept ans depuis le dernier disque de chansons originales, dix-huit ans depuis la précédente collaboration studio avec le E Street Band.
Une publication portée par quatre chansons centrales
Columbia Records publie The Rising le 30 juillet 2002. Le disque constitue officiellement le douzième album studio de Bruce Springsteen. Plusieurs chansons s’imposent dans sa présentation publique, notamment Lonesome Day, Waitin’ on a Sunny Day, My City of Ruins et le titre qui donne son nom à l’ensemble.
Ces morceaux participent à l’équilibre thématique du projet, construit autour du deuil et de la possibilité d’une reconstruction. La chanson The Rising concentre cette orientation au point de devenir également le titre de l’album. Elle recevra par la suite le Grammy de la meilleure performance rock.
La sortie rencontre un accueil critique et commercial notable. L’album atteint la première place des classements dans plusieurs pays, confirmant que le retour discographique de Springsteen avec le E Street Band dépasse le seul événement artistique des retrouvailles.
Le disque qui consolide les retrouvailles
The Rising relance la carrière de Bruce Springsteen et consolide durablement la réunion avec le E Street Band. L’album débouche sur une grande tournée mondiale, prolongeant sur scène le travail engagé à Atlanta et donnant une nouvelle dimension à la réunion commencée en 1999.
Sa place dans la discographie tient donc autant à ses circonstances qu’à ses résultats. Springsteen revient à l’écriture de nouvelles chansons après sept années d’interruption, retrouve en studio ses partenaires historiques et répond à un événement qui domine alors le paysage émotionnel et politique des États-Unis.
Le 24e anniversaire de The Rising, le 30 juillet 2026, rappelle ce moment où plusieurs trajectoires se rejoignent : celle d’un groupe redevenu actif, celle d’un artiste confronté à la demande exprimée par un inconnu et celle d’un pays cherchant des récits pour nommer la perte et envisager la reconstruction. L’album demeure le document de cette convergence, enregistré rapidement mais préparé par plusieurs années de retrouvailles.