Spandau Ballet célèbre aujourd’hui les 17 ans de Once More, album né d’une reformation après près de vingt ans de séparation et un conflit judiciaire autour des droits d’auteur. Plutôt que de reproduire ses anciens succès, le groupe britannique a choisi de les réarranger et d’accompagner ce retour de deux chansons inédites.
Réunir Spandau Ballet sur scène constituait déjà un événement. Enregistrer un nouvel album obligeait le groupe à répondre à une question plus délicate : comment retrouver des chansons associées aux années 1980 sans donner l’impression de simplement rejouer le passé ? Avec Once More, paru au Royaume-Uni le 19 octobre 2009, les cinq musiciens ont préféré reprendre possession de leur répertoire en le transformant.
Cette démarche prenait un relief particulier après une séparation de près de vingt ans et une bataille judiciaire liée aux droits d’auteur. Le disque n’était donc pas seulement le complément discographique de la tournée de reformation. Il plaçait de nouveau les membres du groupe dans une situation de création collective, face à des morceaux dont les versions originales étaient depuis longtemps installées dans la mémoire du public.
Le projet s’est accéléré après une prestation de Spandau Ballet dans l’émission de Jonathan Ross. À la suite de cette apparition, Universal a proposé au groupe de monter rapidement un album pour accompagner son retour. L’idée retenue associait des réenregistrements du catalogue à deux titres nouveaux : une manière de rappeler l’histoire de Spandau Ballet tout en évitant de présenter la reformation comme une simple tournée rétrospective.
Cette proposition aurait pu conduire à une reproduction fidèle des arrangements anciens. Le groupe a choisi l’option inverse. Les musiciens se sont retrouvés autour de guitares acoustiques pour chercher une identité différente. Tony Hadley a résumé cette méthode en une scène très simple : « We sat around a coffee table with acoustic guitars and tried to give it a new feeling. » Autour d’une table basse, les chansons étaient ainsi ramenées à une forme permettant d’en éprouver de nouvelles possibilités.
L’objectif n’était pas de transformer mécaniquement les morceaux en ballades assagies. Gary Kemp voulait éviter des reprises simplement adoucies ou privées de la force de leurs versions initiales. Le travail acoustique servait de point de départ au réarrangement, pas de formule appliquée uniformément à tout le répertoire.
To Cut a Long Story Short illustre particulièrement cette volonté. Pour revisiter ce morceau emblématique des débuts du groupe, Spandau Ballet est revenu à l’esprit de sa première version de garage. La nouvelle interprétation devait être plus sombre et plus lourde, voire menaçante. Ce choix permettait de renouer avec une étape antérieure de la chanson tout en s’écartant clairement de l’enregistrement connu du public.
Chant No 1 a connu un déplacement tout aussi affirmé. Gary Kemp l’a imaginé avec des accents de « swamp music » sudiste. Là encore, le groupe ne cherchait pas à effacer l’ancienne version, mais à trouver un autre cadre pour une chanson déjà familière. Ces transformations donnent sa cohérence au projet : chaque retour vers le catalogue devait déboucher sur une décision d’arrangement identifiable.
Cette méthode distingue aussi Once More d’une simple compilation enrichie de nouveautés. Les chansons ont été réenregistrées et réorganisées, avec une production moins dépendante de leurs habillages originaux. Le disque, également diffusé sur RADIO COLLECTION, documente ainsi le moment où Spandau Ballet a recommencé à travailler sur son propre passé au lieu de seulement le célébrer sur scène.
Le morceau Once More apporte au projet autre chose qu’un titre approprié à une reformation. Cette chanson inédite a été coécrite par Gary Kemp et Steve Norman, ce qui constituait leur première collaboration d’écriture dans l’histoire du groupe. Après les années de séparation et de conflit, cette association créative donnait une dimension concrète au rapprochement.
La chanson avait également pour fonction de montrer que le retour ne se réduirait pas à l’interprétation de succès anciens. En donnant son nom à l’album, elle mettait la nouveauté au centre d’un disque pourtant largement construit autour du répertoire historique de Spandau Ballet. Le choix était significatif : la reformation ne pouvait devenir un album qu’à condition de produire aussi quelque chose qui n’existait pas auparavant.
Once More a reçu un accueil critique partagé, mais sa place dans la trajectoire du groupe est précise. Il demeure la conséquence discographique directe de la reformation et de la tournée de 2009, ainsi que le septième et dernier album studio de Spandau Ballet. Dix-sept ans après sa parution, sa scène fondatrice reste celle de cinq musiciens réunis autour d’une table basse, reprenant leurs chansons à la guitare pour découvrir ce qu’elles pouvaient encore devenir.
The Guardian a recueilli les propos des membres de Spandau Ballet sur la reformation, le travail autour des guitares acoustiques et les transformations recherchées pour plusieurs chansons. L’entretien publié par Rhino apporte le récit de Gary Kemp sur la proposition d’album formulée après l’émission de Jonathan Ross et sur la première coécriture avec Steve Norman.
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