Simply Red célèbre aujourd’hui les 31 ans de Life, un album construit entre Manchester, Londres et Johannesburg avec des invités venus du funk, du reggae et de la soul. Son plus grand coup, Fairground, fut pourtant ajouté à la toute fin des séances avant de devenir le premier numéro un britannique du groupe.
Au moment d’achever Life, Simply Red ne tient pas encore la chanson qui va ouvrir une nouvelle étape de son histoire. Fairground arrive en dernier. Mick Hucknall le racontera sans détour dans les archives du groupe : « Fairground was actually the last song that we recorded. » Ce morceau tardif ne sera pas un simple complément de programme. Il deviendra le premier single de l’album, puis le premier titre de Simply Red à atteindre la tête du classement britannique.
La fabrication de Fairground repose sur un élément immédiatement identifiable : un sample de Give It Up du duo néerlandais The Goodmen. Ce matériau préexistant est intégré à une chanson dont la version publiée reste très proche de la première approche de travail. Andy Wright, associé à son histoire, souligne ainsi que le morceau n’a pas subi de reconstruction profonde entre cette première ébauche et sa forme définitive.
Le contraste est frappant : la chanson enregistrée en dernier devient celle qui prend la tête du projet. Son accession au numéro un donne à Simply Red un résultat que même les succès précédents du groupe n’avaient pas obtenu au Royaume-Uni. Elle ouvre aussi Life sur une décision de production précise, fondée sur la transformation d’un sample plutôt que sur une longue succession de versions.
Cette réussite intervient après Stars, dont le succès massif plaçait nécessairement le nouvel album sous une attention particulière. Plutôt que de raconter Life comme une simple répétition de son prédécesseur, sa fabrication montre un groupe élargissant son cercle de collaborateurs et multipliant les lieux de travail. Le résultat atteint lui aussi la première place du classement britannique.
Mick Hucknall coproduit Life avec Stewart Levine. Les séances passent notamment par Planet 4 Studios à Manchester, AIR Studios à Londres et Downtown Studios à Johannesburg. Cette géographie accompagne une distribution de musiciens particulièrement marquée par le funk, le reggae et la soul.
Sly Dunbar et Robbie Shakespeare participent à l’album, tout comme Bootsy Collins et Hugh Masekela. Réunir sur un même disque le tandem jamaïcain Sly and Robbie, une figure du funk comme Bootsy Collins et le musicien sud-africain Hugh Masekela donne à Life une dimension collective qui dépasse le seul noyau de Simply Red. Il ne s’agit pas d’une accumulation de noms sur une pochette : cette équipe correspond à l’ambition plus large alors associée au projet.
Une présentation contemporaine de Life publiée par Music Week reliait en effet le disque à la fascination de Mick Hucknall pour une vision plus globale et politique du monde. Les sessions menées dans trois villes et la présence de musiciens issus de scènes différentes donnent une forme concrète à cette ouverture. Hucknall reste au centre du projet, mais il organise l’album autour de rencontres qui déplacent son cadre habituel.
Produit avec Stewart Levine, le disque bénéficie également du travail de Roland Herrington et Femi Jiya à l’ingénierie et au mixage. Cette organisation permet de maintenir une continuité malgré le passage entre plusieurs studios et l’intervention de nombreux invités. Life, également diffusé sur RADIO COLLECTION, conserve ainsi dans son histoire la trace d’une production pensée à plusieurs échelles.
La trajectoire de Life ne s’arrête pas au succès de Fairground et de l’album. We’re in This Together est choisie comme chanson officielle de l’Euro 1996. Le morceau accompagne les cérémonies d’ouverture et de clôture du tournoi, offrant au disque un prolongement institutionnel et médiatique bien au-delà de sa campagne de sortie.
Hugh Masekela intervient au flugelhorn sur cette chanson. Sa présence relie directement l’un des invités les plus importants du projet à son exposition sportive paneuropéenne. Quelques mois après la publication de Life, un titre de l’album se retrouve donc associé à un événement suivi dans toute l’Europe, dans un contexte très différent des classements musicaux.
Cette exposition n’efface pas les réactions contrastées suscitées par le disque. Le Los Angeles Times en salue la qualité globale, tandis que le Washington Post juge certaines paroles convenues tout en reconnaissant la richesse et l’inventivité de plusieurs arrangements. Entre succès public et réserves critiques, Life échappe ainsi à une lecture uniforme.
Trente et un ans après sa sortie, son histoire tient finalement dans deux mouvements complémentaires : un morceau ajouté au dernier moment qui offre à Simply Red son premier numéro un britannique, puis une chanson appelée à représenter officiellement l’Euro 1996. Deux destins qui ont porté Life bien au-delà de ses séances de Manchester, Londres et Johannesburg.
L’archive officielle consacrée à Fairground revient sur le sample de The Goodmen et publie le souvenir de Mick Hucknall concernant l’enregistrement tardif du morceau. Les crédits officiels de Life détaillent les studios, la production et les principaux musiciens réunis pour l’album.
Le dossier contemporain de Music Week replace le projet après Stars et éclaire l’ouverture globale et politique alors associée au travail de Mick Hucknall.
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