Dizzy Up the Girl a 28 ans : « Iris » avait libéré les Goo Goo Dolls de leur blocage créatif

Les Goo Goo Dolls célèbrent aujourd’hui les 28 ans de Dizzy Up the Girl, l’album qui a donné une nouvelle dimension à leur carrière. Avant cette réussite, John Rzeznik traversait pourtant une période de blocage que la commande inattendue d’« Iris » allait contribuer à dénouer.

Au moment de préparer le sixième album studio des Goo Goo Dolls, John Rzeznik ne manque pas seulement de chansons : il se retrouve confronté à un important blocage d’écriture. Le groupe arrive pourtant à un moment décisif de son parcours, après plusieurs disques enracinés dans le rock alternatif. Pour sortir de cette impasse, Rzeznik sollicite notamment les conseils de la journaliste Jill Cooper. Surtout, une commande extérieure vient soudain relancer sa production : écrire un morceau pour la bande originale du film City of Angels.

Cette chanson, « Iris », n’est donc pas conçue à l’origine comme la pièce maîtresse d’un nouvel album des Goo Goo Dolls. Elle va pourtant devenir le déclencheur de toute l’ère Dizzy Up the Girl. Son écriture permet à Rzeznik de retrouver rapidement un élan créatif, tandis que son succès offre au groupe une exposition sans précédent. Un titre né hors du projet finit ainsi par en modifier profondément la trajectoire.

Rob Cavallo, bien plus qu’un producteur

Pour transformer ce redémarrage en album, les Goo Goo Dolls travaillent avec Rob Cavallo, qui coproduit le disque avec eux. Son intervention ne se limite pas à organiser ou superviser les séances. Rzeznik le présente comme un véritable accompagnateur pendant cette période difficile, quelqu’un capable d’aider le groupe à dépasser ses hésitations et à donner une forme plus ambitieuse à ses chansons.

Le changement s’entend dans la manière dont le groupe élargit sa production. Les arrangements deviennent plus amples, les guitares plus brillantes et l’ensemble plus sophistiqué que sur ses précédents albums. Sur « Iris », le choix de véritables cordes participe directement à cette nouvelle échelle. Cette décision accompagne le basculement définitif des Goo Goo Dolls vers une écriture pop-rock beaucoup plus exposée, sans effacer les guitares qui avaient façonné leur parcours.

Dizzy Up the Girl ne repose donc pas simplement sur l’ajout tardif d’un succès déjà installé. « Iris » sert de point d’appui à un disque entier, en montrant au groupe jusqu’où ses chansons peuvent être développées. L’album paraît le 22 septembre 1998 aux États-Unis et prolonge cet élan avec plusieurs titres appelés à s’installer durablement dans son répertoire, parmi lesquels « Slide », « Black Balloon » et « Broadway ».

« Broadway », un souvenir de Buffalo longtemps laissé dans un tiroir

Parmi ces chansons, « Broadway » possède une histoire qui précède de plusieurs années la sortie de l’album. Rzeznik l’écrit à partir du quartier de Buffalo dans lequel il a grandi, un environnement populaire et difficile. Le morceau ne trouve cependant pas immédiatement sa forme définitive. Son auteur le range et le laisse de côté pendant plusieurs années avant de le reprendre pour Dizzy Up the Girl.

« C’était une chanson que j’avais écrite, mise dans un tiroir et simplement laissée là pendant quelques années », expliquera-t-il. Ce long délai éclaire la méthode qui accompagne la naissance du disque : tout ne vient pas du soudain élan provoqué par « Iris ». L’album permet également de réexaminer une composition ancienne, de la retravailler et de considérer enfin qu’elle est prête à être publiée.

« Broadway » apporte ainsi au disque un lien direct avec les origines géographiques et sociales de Rzeznik. Là où « Iris » naît d’une commande pour le cinéma, cette chanson revient vers Buffalo et vers le décor de son enfance. La réunion de ces deux morceaux montre l’étendue du chantier : une création récente qui débloque l’écriture côtoie un titre ancien sauvé de l’attente.

« Black Balloon », l’addiction vue depuis l’entourage

« Black Balloon » aborde pour sa part la dépendance aux drogues et les dégâts qu’elle provoque autour de la personne concernée. Rzeznik décrit la chanson comme le portrait de quelqu’un aux prises avec cette addiction, mais aussi de ceux qui continuent à l’aimer malgré ses conséquences. Il précise qu’il ne s’agit pas d’un récit autobiographique direct, donnant au morceau la position d’un observateur attentif à la personne dépendante comme à son entourage.

Avec « Broadway », « Black Balloon » devient l’un des succès durables issus de l’album. Ces chansons, tout comme le disque, figurent aussi dans la programmation de RADIO COLLECTION. Leur parcours confirme que Dizzy Up the Girl ne s’est pas résumé à l’impact initial d’« Iris » : le projet a produit plusieurs titres capables de poursuivre leur route au-delà du contexte qui avait relancé Rzeznik.

L’album devient l’un des plus grands succès de la carrière des Goo Goo Dolls et obtient une certification quadruple platine. Sa trajectoire se prolonge encore un quart de siècle plus tard : en 2023, alors que le groupe présente ce répertoire en tournée anniversaire, PBS souligne sa capacité à toucher de jeunes auditeurs. Vingt-huit ans après sa parution, le disque reste ainsi attaché à une histoire très concrète : celle d’un auteur bloqué, d’une chanson commandée pour un film, puis d’un album qui a trouvé bien plus d’un relais après « Iris ».

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